Le Christ est ressuscité!

La résurrection d’un crucifié est l’œuvre de l’Omnipuissance de Dieu, de sa capacité maximale de pouvoir : donner la vie à la mort. Comme l’est aussi celle de donner une vie plus pleine, la surnaturelle, à la mort plus radicale qu’est celle du péché.

La Résurrection de Jésus constitue le thème central des pages de l’Évangile que nous lisons autant à la Vigie Pasquale comme à la Messe du jour et pendant l’octave de Pâques. La Résurrection du Seigneur se réalise dans une silencieuse transcendance. Jésus glorifié a communiqué aux disciples, avec une pédagogie exquise, la vérité de sa Résurrection, qu’il leur avait prêché avant. Jésus Ressuscité nous laissa comme « signe » initial le sépulcre vide, dont le sens sera interprété aux femmes par l’Ange : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez” ». (Mt 28, 5-6)

Ce n’est pas la foi des disciples qui crée la résurrection du Maître ; c’est la Résurrection de Jésus qui crée la foi des disciples. L’expérience de la foi s’est transformée en un impératif de communication. A partir de la Madelaine et de ses compagnes, (Jn 20, 17-18 ; Mt 28, 10), le privilège de voir Jésus implique le devoir de l’annoncer aux autres. La foi est un don divin à partager ; o il se transmet ou il se perd.

« La foi des chrétiens – affirme St Augustin – c’est la résurrection du Christ ». Les Actes des Apôtres l’expliquent clairement : « Dieu l’a accrédité auprès de tous en le ressuscitant d’entre les morts ». (Ac 17, 31) Parce que la mort n’était pas suffisante pour démontrer que Jésus est vraiment le Fils de Dieu, le Messi espéré. La mort du Seigneur – dira Benoît XVI – démontre l’immense amour avec lequel il nous a aimé jusqu’à se sacrifier pour nous ; mais seulement sa résurrection est une « preuve sûre », c’est une certitude que ce qu’il affirme est vrai, que cela s’applique aussi pour nous, pour tous les temps. La résurrection me révèle le sens de la Croix. Pour cela, Saint Paul prêche la Croix, un Christ crucifié. Le Christ est l’amour crucifié. Et cet amour crucifié se prolonge dans la résurrection.

Depuis le jour du Golgotha, le chemin pour la gloire célestielle de la résurrection, c’est la Croix. Pour cela, cher Frère, ne te laisse pas écarter par Satan du sentier que par la croix te porte à la résurrection.

En cette même clef Pascale se développe toute la vie chrétienne : en participant de la Croix du Christ, nous participons en sa Glorieuse Résurrection. Il n’y a pas d’autre chemin. Tout comme il n’y a pas d’école de spiritualité vraiment catholique qui ne se fonde pas dans ce Mystère Pascal. Sans prendre notre croix à imitation du Christ, c’est-à-dire, sans perdre la propre vie comme l’a fait le Christ, nous ne pouvons pas suivre le Sauveur, nous ne pouvons pas être de véritables chrétiens (cf. Lc 9, 23-24). Sans nous dépouiller du vieil homme en vertu de la Passion du Christ, nous ne pouvons pas nous revêtir de l’homme nouveau en vertu de sa résurrection (cf. Eph 4, 22-24). En revanche, nous rejoignons, par grâce, la merveille de cette vie nouvelle surhumaine, divine, célestielle, et ce, en prenant la croix et en tuant sur elle le vieil homme, charnel, adamique.

Il est important de réaffirmer cette vérité fondamentale de notre foi. Cet affaiblissement de la foi dans la Résurrection de Jésus a comme conséquence d’affaiblir le témoignage des croyants. Si dans l’Eglise échoue la foi dans la Résurrection, tout se paralysera, tout s’écroulera et l’incertitude et la crainte termineront par tout nier, absolument tout. Preuves abondantes de cela nous les trouvons dans cette crise du « Covid-19 », que nous avons vécu pendant ce Carême. Cependant, l’adhésion de cœur et d’esprit au Christ mort et ressuscité change la vie et illumine l’existence des personnes et de la société. Il y a déjà de l’espace pour l’espérance et l’héroïsme chrétien reverdit.

Dans le sépulcre vide de Jésus, les envies d’immortalités de l’homme sont satisfaites.  La résurrection, cher Frère, doit tirer avec sa lumière le chemin douloureux de ta vie.

« Si le Christ n’est pas ressuscité, - nous dit l’apôtre Saint Paul - notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu » (1 Cor 15, 14). Mais, il resuscita ! Si Jésus a ressuscité, et donc il est vivant, qui pourra nous séparer de lui ? Qui pourra nous priver de son amour qui a vaincu la haine et a défait la mort ?

La résurrection d’un crucifié est l’œuvre de l’Omnipuissance de Dieu, de sa capacité maximale de pouvoir : donner la vie à la mort. Comme l’est aussi celle de donner une vie plus pleine, la surnaturelle, à la mort plus radicale qu’est celle du péché.

Depuis ce jour glorieux de la Résurrection, notre mort n’est plus une mort éternelle. La mort n’est plus notre propriété. La Résurrection c’est la main libératrice de Dieu. Combien doit être aimable Dieu sachant que sa main libératrice du péché et de la mort c’est la Résurrection ! 

La vie de celui qui suit le Christ ne termine pas dans la mort, dans un sépulcre plein. La vie de celui qui suit Jésus continue dans une tombe vide de mort, mais pleine de résurrection !

La Pâques nous inonde d’une joie profonde qui se manifeste dans l’inlassable répétition de l’Alléluia ! La joie de la Résurrection est une transfiguration de l’existence. C’est la chaleur d’une flamme divine, d’une vérité inextinguible, flamme ardente d’amour dans la profondeur du propre être. Pour cela Mère Thérèse de Calcutta disait : « Ne permettez que personne ne vous remplisse de tristesse, jusqu’au point de vous faire oublier la joie de Jésus Ressuscité ».

Cela est notre mission : vivre la foi dans la résurrection ; transmettre cette foi dans la résurrection. C’est le bien majeur que nous pouvons faire au monde d’aujourd’hui. Communiquer ce bien est un office au divin, faisons-le bien !

Pour pouvoir être conduits dans une connaissance profonde du Ressuscité, invoquons avec ferveur Marie Très Sainte. Comme le disait le Pape François : « à Elle, témoin silencieux de la mort et de la résurrection de Jésus, demandons-lui qu’elle nous introduise dans la joie Pasquale ».

P. Daniel Zavala.

Le P. Daniel est prêtre pour le diocèse de Cuenca, Espagne. Il fait partie de la communauté des pères étudiants du Maria Mater Ecclesiae à Rome. Il étudie actuellement un doctoral en droit canon à la Santa Croce, Rome.